La Fabrique de la Danse : l’art chorégraphique à l’honneur

Ajouté le 13 mai 2019, par Florence Batisse-Pichet
La Fabrique de la Danse : l’art chorégraphique à l’honneur

La prochaine Soirée des Chorégraphes organisée par La Fabrique de la Danse aura lieu le 6 juin 2019 à 20h, au Carreau du Temple. Le public sera essentiellement composé de professionnels, d’artistes et d’amateurs de danse.
Soirée des Chorégraphes organisée par La Fabrique de la Danse en juin 2018 au Carreau du Temple
La prochaine Soirée des Chorégraphes organisée par La Fabrique de la Danse aura lieu le 6 juin 2019 à 20h, au Carreau du Temple. Le public sera essentiellement composé de professionnels, d’artistes et d’amateurs de danse. ©Emmanuelle Stäuble

Start-up culturelle, la Fabrique de la Danse est un lieu dédié à l’innovation et à l’art chorégraphique. Retour sur la genèse de ce projet. Ouverture en 2021.

L’esprit start-up révolutionne tous les secteurs, bousculant certaines pratiques artistiques. La Fabrique de la Danse s’inscrit dans cette mouvance.

Le projet est né grâce à un groupe de danseurs amateurs, passionnés de l’art chorégraphique. Cofondatrice et directrice de La Fabrique de la Danse, Orianne Vilmer témoigne : « Danseuse et ingénieur, j’ai travaillé pendant cinq ans dans de grands groupes, gardant en parallèle une activité artistique de danseuse. Quand j’ai voulu créer une pièce et chorégraphier un spectacle, j’ai mesuré l’ampleur de la tâche. Nous étions plusieurs à réfléchir comment créer sa compagnie et se former comme chorégraphe. La rencontre avec une professionnelle, Christine Bastin, devenue la directrice artistique de la Fabrique, a été déterminante. » Sans « Réinventer Paris », l’appel à projets international urbain, lancé en 2014 par la mairie de Paris, le projet n’aurait peut-être pu voir le jour. En collaboration avec une équipe d’architectes - le cabinet d’architectes Secousses - et de maîtrise d’œuvre, il a fallu un an et demi pour monter le dossier et concevoir la transformation de cet ancien parking situé au 205-207 avenue Gambetta dans le XXe arrondissement. « Parmi les 20 candidats en compétition, nous étions le seul projet culturel. Être lauréat est une belle victoire. Elle sera pleinement accomplie avec l’ouverture du lieu, un espace de 2 500m2 dédié aux formations des artistes et aux pratiques des amateurs. » 

Un lieu hybride autour de l’art chorégraphique

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Destinée à tous les publics - professionnels du spectacle vivant, grand public, associations, startups et les entreprises -, la Fabrique de la Danse sera un lieu ouvert et ancré dans son territoire : il est conçu comme un écosystème intégrant le numérique et la pédagogie. Orianne Vilmer s’en explique : « On veut anticiper les studios de demain et mettre à disposition des chorégraphes, de l’innovation pour produire des pièces d’avant-garde (vidéo, 3D, motion capture, réalité virtuelle) avec de la connectivité pour diffuser hors les murs. Une scène connectée est en développement avec toutes ces nouvelles technologies. Que les chorégraphes offrent aussi à des publics éloignés de la culture, une nouvelle approche de l’art chorégraphique et du plaisir de danser fait partie de notre ambition. ». En attendant l’ouverture, La Fabrique de la Danse s’appuie sur des partenaires. Ses bureaux sont provisoirement hébergés au sein d’un accélérateur de projets culturels – FAR – ainsi que dans la Nurserie du Réseau Culture & Innovation d’Audiens. Et pour les besoins en studios, le Carreau du Temple, La Briqueterie, le 104, le Théâtre des Champs-Élysées ont apporté leur soutien.

Renouveler l’art chorégraphique

Parmi les premiers programmes mis en place, il y a ceux qui concernent la formation des chorégraphes. La moyenne d’âge se situe entre 25 et 35 ans. Certains souhaitent développer leurs compétences d’auteur, inventer un langage et porter un message sur scène mais n’ont pas forcément les méthodes ; d’autres veulent être aidés pour lancer leur compagnie. Ce premier programme « incubateurs » repose sur une sélection que décrit Orianne Vilmer : « On reçoit une quarantaine de candidatures en moyenne. L’objectif est de constituer une promotion homogène de dix candidats qui bénéficient d’un accompagnement pendant un an : durant cette formation, on est attentifs à leurs besoins et il y a une scène à la fin. La 5e promotion va démarrer en septembre prochain. ». Ainsi le chorégraphe K. Goldstein de la compagnie Keatbeck qui a participé à la promotion 2016, confie : « J'ai pu construire un écosystème créatif, alliant art, médiation et production. J'ai eu un avant et un après la Fabrique, où l'émulation et le partage avec cette équipe ont remplacé la solitude et la peur du futur. ».

Le second programme, sur 18 mois, met les femmes à l’honneur. Tout comme les femmes chefs d’orchestre, les femmes chorégraphes sont trop souvent victimes d’invisibilité ; la vocation de la Fabrique, c’est aussi de les accompagner à conquérir leur place en leur permettant d’accéder à des financements et à des responsabilités. Pour la première promotion qui a démarré en janvier dernier, 14 candidates ont été retenues.

Pour les non danseurs, un volet pédagogique propose un travail sur le leadership en entreprise, pour stimuler l’aisance corporelle et l’intelligence émotionnelle, les capacités de créativité et de co-création. Il s’agit de programmes sur mesure sur une journée et parfois sur plusieurs semaines. À partir des processus de création chorégraphiques, l’enjeu est de leur permettre d’acquérir des compétences transposables dans leur quotidien professionnel. Alexandre Vacante, responsable marketing d’une société de conseil, a vécu l’expérience avec son équipe : « Le plus surprenant c’est que tout le monde joue le jeu ; les formatrices savent exactement comment faire tomber toutes les barrières liées au corps et à la pudeur pour faire entrer l’ensemble des participants dans un état de création et d’exploration ».

Un projet de cœur

Au-delà d’un bilan chiffré - près de 200 professionnels du secteur formés et environ 60 chorégraphes accompagnés sur des programmes spécifiques -, ce qui prime, reconnaît Orianne Vilmer, c’est : « La satisfaction de se sentir utile et de répondre à un réel besoin. Le fait de voir des compagnies se créer et des artistes évoluer dans les meilleures conditions possibles est une source de joie. Depuis 2014, la dévotion au projet est indemne : le cœur est toujours là. ». Prochain acte : le démarrage des travaux.
 


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