Bien vieillir en temps de confinement : bouger dans son corps, bouger dans sa tête

Ajouté le 10 mars 2021, par Marie de Hennezel
Bien vieillir en temps de confinement : bouger dans son corps, bouger dans sa tête

Marie de Hennezel : Psychologue clinicienne, conférencière et écrivaine spécialiste du bien vieillir.
Marie de Hennezel : Psychologue clinicienne, conférencière et écrivaine spécialiste du bien vieillir.
Marie de Hennezel : Psychologue clinicienne, conférencière et écrivaine spécialiste du bien vieillir. ©Erwan Floc’h

Parmi les clés de l’art de bien vieillir, le fait de bouger est essentiel. On sait que l’immobilité, la sclérose physique ou psychique, contribuent à la perte d’autonomie. C’est pourquoi les restrictions sanitaires du printemps ont été si nocives pour les seniors qui se sont retrouvés du jour au lendemain confinés chez eux, et contraints de renoncer à toutes les activités physiques, sociales, et culturelles qu’ils avaient mis en place pour rester en mouvement.

Beaucoup, heureusement, ont réagi en organisant, en structurant leur journée et en inventant toutes sortes de manières de continuer à bouger dans leur corps et dans leur tête. 
Pour nommer quelques-unes de ces trouvailles, les cours de gymnastique, de tai chi ou de yoga en ligne, la promenade quotidienne d’une heure autorisée, la résolution d’entreprendre un grand rangement de printemps, de lire un livre au moins par semaine, d’apprendre un poème par jour, de se remettre à une activité créatrice, peinture, dessin, à la cuisine, de téléphoner au moins une fois par jour à une personne que l’on sait complètement seule. Tout cela a permis de traverser le premier confinement. Et ceux qui ont baissé les bras, qui sont restés toute la journée, broyant du noir, devant une télévision hautement anxiogène, ont constaté les premiers signes d’une perte d’autonomie, et d’une perte de confiance dans leurs capacités physiques et mentales. Autant dire que pour eux le confinement a été une bombe à retardement.

Nous vivons maintenant une période bien singulière avec ce qu’on pourrait appeler un demi-confinement, avec une épée de damoclès sur la tête, la peur qui augmente et l’impossibilité de vivre une vie sociale, des moments de convivialités, d’aller au cinéma ou au théâtre. Cette angoisse face à l’avenir, ces restrictions à notre bien vivre ensemble ont, nous le savons, un impact certain sur le moral de la population. Les cas de dépressions, les idées suicidaires se multiplient à un rythme impressionnant. Il nous faut donc résister et garder espoir.

Ce que je peux observer, c’est que ceux qui gardent les bonnes habitudes prises lors du premier confinement, qui structurent leur journée, qui s’imposent 30 minutes d’activité physique tous les jours (jardiner, bricoler, chanter, monter les escaliers, faire du yoga, faire ses courses à pied, marcher plutôt que prendre les transports en commun), qui ont décidé d’apprendre tous les jours quelque chose de nouveau pour stimuler leur cerveau, un poème, une langue, un texte, voire une nouvelle recette de cuisine gardent un certain tonus et une certaine joie de vivre.

Dans les séminaires sur l’art de bien vieillir que j’anime depuis 12 ans pour Audiens, nous réfléchissons ensemble à ce que nous pouvons faire pour « rester ouvert au nouveau », rester créatifs, et curieux d’esprit. Car nous savons que c’est important pour notre cerveau qui a horreur de l’immobilité, de la routine, de la sédentarité de l’infobésité (la saturation anxiogène et appauvrissante des infos en continu). Bouger dans sa tête permet à nos neurones, loin de s’épuiser, de fabriquer de nouvelles connexions. 

Il nous faut être particulièrement inventifs en ce moment, car les occasions de s’enrichir intellectuellement, de changer ses habitudes, d’avoir une vie sociale stimulante et donnant le sentiment d’apporter quelque chose aux autres, sont évidemment plus limitées. À cet égard, le « voyage vers l’intériorité » peut nous aider. Plonger en soi pour s’interroger sur ce qui fait sens dans nos vie si précaires, ce que nous voulons transmettre aux autres à l’âge que nous avons, méditer, pratiquer des rituels* qui nous permettent de « faire un pas de côté » pour rester positifs, alors que tout semble aller mal, tout cela n’a rien d’un repli sur soi, au contraire voyager vers son intériorité, c’est aussi paradoxalement bouger. Bouger dans sa tête, bouger dans son cœur, bouger dans son esprit.


*Je pense en particulier à la pratique du haïku ou le rituel de gratitude que nous explorons lors de mes séminaires sur l’Art de bien vieillir

 

Pour aller plus loin : « Les leçons du confinement » : web conférence gratuite le 18 mars de 14h30 à 16h

Les clés du bien vieillir, une aide en période de confinement, par Marie de Hennezel, Psychologue clinicienne et écrivaine. 

Les clés du bien vieillir abordées dans les chroniques de Marie de Hennezel ont-elles aidé lors du confinement ? Quelles leçons tirer du confinement ?  
Marie de Hennezel vous expliquera comment les clés du bien Vieillir, abordées dans ses chroniques, peuvent être une aide en période de confinement et avoir des effets positifs pour beaucoup : intériorisation, approfondissement des liens, rapport au temps différent, retour à l’essentiel, disponibilité, mise en ordre de sa vie.

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