Claudette Walker : on est danseur pour la vie

Ajouté le 11 août 2021, par Florence Batisse-Pichet
Claudette Walker : on est danseur pour la vie

Claudette Walker, la mamie rock des réseaux sociaux.
Claudette Walker, la mamie rock des réseaux sociaux.
Claudette Walker, la mamie rock des réseaux sociaux. ©Claudette Walker

À 82 ans, Claudette Walker est devenue la mamie rock des réseaux sociaux. Si elle doit sa popularité à l’effet YouTube, elle est aussi sur tous les fronts, enchaînant spectacles de rue, tournages et prochainement une résidence d’artiste. Si vous regardez la pub pour la campagne de vaccination contre la Covid-19, vous vous apercevrez que c’est encore elle ! Avec humilité et humour, cette artiste infatigable livre une belle leçon de vie.

À qui devez-vous votre vocation ?

Issue d’une famille d’artistes, je suis, comme on dit, une enfant de la balle. Malgré des origines pauvres, ma grand-mère qui a quitté l’école à onze ans pour travailler comme blanchisseuse, a réussi à devenir maîtresse de ballet. À cette époque, on ne disait pas chorégraphe. C’est elle qui m’a élevée.

Et votre mère a-t-elle joué un rôle ?

C’était une grande artiste elle aussi. Je la voyais peu car elle travaillait beaucoup, pourtant, je lui ressemble de plus en plus. Elle est décédée à 101 ans, en octobre dernier.

Votre parcours ?

J’ai fait ma première entrée en scène dans Madame Butterfly, à l’âge de trois ans, dans le rôle du petit garçon. Après Lyon et Nancy, je réalise mon rêve de capitale : à quinze ans, je suis engagée au Théâtre Marigny pour des danses latines. Puis je travaille avec Roland Petit et d’autres grands chorégraphes comme Bob Fosse qui m’avait nommée capitaine de la troupe de danse pour la comédie musicale How to succeed in business without really trying au théâtre de Paris en 1962. Je prends aussi des cours des théâtre avec Jacques Charon de la Comédie-Française et j’obtiens un second prix d’art dramatique. Menant une double carrière de danseuse et chorégraphe, j’ai dirigé ma propre compagnie. Depuis ces dernières années, je connais un regain de popularité grâce mes triples casquettes et aux réseaux sociaux. La danse m’a tout appris.  

Danse Claudette Walker.jpg

Ce qui vous caractérise ?

Je me sens comme une gitane, une femme libre. J’aime être asexuée. Mais je peux être femme quand il faut l’être. Je sais jongler avec tout cela. Il y a un égoïsme éclairé quand on se consacre à la danse, à l’art. C’est une loi qu’on s’impose. 

Qu’est-ce qui vous anime ?

La foi, l’effervescence, l’instant présent. J’aime ce que dit Dieu. Il ne faut jamais cesser d’y croire. Et pourtant j’ai compris tardivement, à 53 ans, que la foi que j’avais alors était faite de superstitions. 

Portrait enfant Claudette Walker.jpg

Vos premières chorégraphies ?

La toute première, ce fut à la Comédie-Française à Paris avec Jacques Fabbri dans Le songe d’une nuit d’été. Puis j’ai enchaîné à Monte-Carlo au Sporting Club de 1963 à 1993, faisant l’ouverture des shows de Samy Davis Jr, Tina Turner, Charles Trenet, Julio Iglesias, Franck Sinatra, Elton John, Liza Minelli, Shirley Bassey, Paul Anka et bien d’autres… C’est aussi à ma regrettée Annie Cordy que je dois certaines de mes premières chorégraphies.

Spectacle Claudette Walker.jpg

Vos plus beaux souvenirs de scène ?

Je les dois à Bob Fosse et aussi à Joséphine Baker. C’est à elle, en 1975 à Bobino, que je dois l’un des plus beaux moments de ma vie. Alors que je n’avais pas dansé depuis deux ans car je chantais dans la comédie musicale, La Révolution française à Mogador composée par Claude-Michel Schönberg, j’ai eu l’opportunité d’avoir deux solos à ses côtés et d’être l’assistante du chorégraphe. J’ai vécu 15 représentations qui furent 15 jours de complicité. 

Votre force ?

L’endurance que j’ai acquise, c’est grâce à mes origines. Je fais partie de cinq générations de mères célibataires. J’ai l’héritage d’une femme forte, noble, qui m’a élevée seule en me transmettant son art : elle passait des nuits à coudre les accessoires et les costumes. À cette époque, c’était mal vu d’être artiste ! 

Qu’est-ce que vous aimez le plus dans la vie d’artiste ?

Le fait d’être « ensemble » : la vie de troupe. 

Comment se porte ce corps qui est votre instrument ? 

Je suis cassée de partout mais le mental est là ! Les vrais danseurs, comme les athlètes de haut niveau, ne s’arrêtent pas. On dit : je suis danseur pour la vie. 

Le secret de votre vitalité ?

Être bien dans son corps dépend de la force du mental. C’est dans la tête que ça se passe et à la barre que ça se joue. Je travaille régulièrement avec mon professeur de barre au sol et de danse contemporaine, Nathalie Pubellier. En outre, il est essentiel de beaucoup marcher pour garder un esprit ouvert. C’est une manière de mettre du moelleux, d’ouvrir son cœur. C’est par l’esprit que s’ouvre le corps. 

Portrait Claudette Walker.jpg

Vous imposez-vous une hygiène de vie ?

Je mange de tout et je dors très bien n’importe où. Curieuse, je suis gourmande de la vie et de toutes les formes d’art.

Des habitudes avant de monter sur scène ou de démarrer un tournage ?

Je crois aux rituels : le maquillage ainsi que la façon de se concentrer qui contribue à une préparation spirituelle pour se respecter soi-même et respecter son public. 

Scène Claudette Walker.jpg

Où peut-on vous voir jouer ?

À l’Opéra de Paris (Garnier) et par ailleurs, depuis dix ans, je fais partie d’un spectacle de rue qui aborde le thème de la vieillesse. C’est une création de la compagnie Adhok. On tourne un peu partout en France et à l’étranger. 

Un modèle inspirant ?

Mon maître, c’est Charlie Chaplin.

Vos actualités de la rentrée ?

Il y a trois films dans lesquels j’ai un rôle secondaire qui sortent avec un an de retard en raison de la pandémie et d’autres en préparation : L’origine du monde (sortie mi-septembre) adapté d’une pièce de théâtre de Sébastien Thierry avec Laurent Lafitte, Karine Viard, Hélène Vincent ; Adieu Monsieur Haffman, (sortie mi-novembre) et Les Tuche 4 (sortie Noël). J’interviens aussi à l’Opéra Garnier comme mime danse, dans deux spectacles : Iolanta / Casse-Noisette (mise en en scène de Dmitri Tcherniakov) et Iphigénie en Tauride de Gluck (mise en scène par Krzysztof Warlikowski). 

Une satisfaction parmi vos derniers castings ?

Pour l’audition d’Iphigénie en Tauride, le metteur en scène recherchait une danseuse pour interpréter une grand-mère dans le 1er acte : je devais incarner une femme dans une maison de retraite effectuant un rituel de sacrifice. Que faire ? Sinon ce que j’ai tout simplement fait toute ma vie : danser de toutes mes forces, comme une rigolotte ! Cela est le résultat de toutes mes années de travail et aussi d’amusement. Ainsi quand j’étais enfant, j’adorais les remplacements au pied levé ; c’est dans l’urgence qu’il se passe des choses. La création est une pulsion. Ce qui est enivrant, c’est de s’adapter sans cesse. 

Des projets ?

Un court métrage pour France 3. Et un long métrage avec un très beau personnage. Et surtout je commence une résidence avec la compagnie de Philippe Ménard pour mettre en scène mon parcours.

Des livres forts qui vous ont accompagnée ?

J’ai lu beaucoup d’essais de philosophes. Mes deux livres de chevet sont Le Prophète (Khalil Gibran) et Le petit Prince (Saint-Exupéry). La lecture de l'Histoire de pouvoir de Carlos Castaneda m’a permis de soigner une dépression nerveuse. Impossible de ne pas citer Le matin des magiciens de Jacques Bergier et Louis Pauwels, sans oublier les ouvrages de Lanza del Vasto : Approches de la vie intérieure et Le pèlerinage aux sources.

Une devise ?

« Bienheureux ceux qui savent rire d’eux-mêmes, ils n’ont pas fini de s’amuser » est la devise que j’ai choisie pour ma page Facebook. Elle est tirée du livre des Béatitudes de Joseph Folliet. Et pour conclure, je citerai Picasso :« L’inspiration existe mais elle doit te trouver au travail. »

 

Pour en savoir plus 

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