Entretien avec Bruno Putzulu : Acte III

Ajouté le 30 avr. 2020, par Florence Batisse-Pichet
Entretien avec Bruno Putzulu : Acte III

Bruno Putzulu sur scène.
Bruno Putzulu sur scène.
Bruno Putzulu sur scène. ©Aurore Vinot

Petites confidences du comédien Bruno Putzulu, recueillies au cours d’une longue conversation téléphonique.

Ce pourrait être un huis clos, celui d’un comédien seul sur scène. Sans public. Comme dans ses pires cauchemars. La réalité est celle d’un comédien confiné chez lui, comme la quasi-totalité des habitants de notre planète. Du soir au lendemain, Bruno Putzulu a vu le rideau se baisser sur ses deux spectacles. Il nous raconte son quotidien dévoilant émotions, souvenirs et interrogations…

Quelle place occupe l’écriture en cette période de confinement ?

Depuis le confinement, j’ai écrit deux chansons que j’ai envoyées à mon compositeur. J’ai aussi commencé l’écrit d’un livre sur le métier de comédien. J‘écris toujours par nécessité, pas pour passer le temps, même en période de confinement. J’ai besoin d’un écho et d’échanger avec l’autre, faute de scène, il y a l’écriture. Écrire un journal pour être avec moi-même ne m’intéresse pas. Par exemple, quand j’ai entrepris une série d’entretiens avec Philippe Noiret, c’était avec l’idée d’en faire un livre et donc de partager avec le lecteur.

Et les livres, quelle place occupent-ils ?

Les auteurs, ce sont comme des amis : ils nous donnent la main. J’ai eu un professeur qui a énormément compté pour moi : Philippe Adrien, le directeur du Théâtre de la Tempête à La Cartoucherie. Je relis un de ses livres Instant par instant (Actes Sud-Papiers, 1998) sur le métier de comédien. Je picore aussi chez Beckett En attendant Godot, qui fait écho à ce que l’on vit. D’ailleurs, le dernier projet que nous avions ensemble avec Philippe Adrien, c’était Fin de partie. J’ai plus de mal à plonger dans la lecture d’un roman sauf éventuellement pour un roman autobiographique. Avec celui de Cavanna, j’avais une idée derrière la tête.

L’un de vos plus grands souvenirs de théâtre ?

Je ne peux pas en donner qu’un : 
En attendant Godot mise en scène de Philippe Adrien ;
Georges Dandin que j’ai joué à la Comédie-Française, mise en scène de Catherine Hiegel ;
Long voyage du jour à la nuit à la Comédie-Française, mise en scène de Alain Françon ;
Ruzante mise en scène de Jean-Claude Berutti ;
Caligula mise en scène de Stéphane Olivié-Bisson ;
Votre Maman mise en scène de Charles Tordjman ;
Les Ritals mise en scène Mario Putzulu.

J’ai joué beaucoup d’autres pièces que j’ai aimées mais les personnages de celles-ci m’accompagnent dans mon quotidien. Le texte et les mises en scènes de ces pièces ne se résumaient pas à l’histoire qu’elles racontaient, c’est là, la richesse d’une œuvre qui peut résonner toujours...

Comment s’est imposée la chanson dans votre carrière, par nécessité ?

La chanson, ça a démarré à l’enfance. Durant les longues journées d’été, en Normandie lorsque je m’ennuyais ; je chantais sur les 33 tours de variétés de l’époque. Je me souviens de Maxime Le Forestier que mes frères aînés écoutaient. Puis au Conservatoire, j’ai beaucoup aimé la classe de chant. Le hasard m’a ensuite permis de tourner un film avec Johnny Hallyday, à Barcelone. On est devenu amis. Un soir, en se quittant vers 3h du matin, à l’issue d’un dîner dans son restaurant Le Balzac, il me dit : « J’aimerais bien une chanson qui ressemblerait à notre conversation. » le lendemain, je lui ai remis les paroles d’un texte, Ma vie, dans une enveloppe. La nuit suivante, il m’a appelé : « Je vais la chanter sur mon prochain album ! »

Et puis un jour, vous avez vous aussi décidé de chanter…

Après la chanson de Johnny et une participation à l'album-hommage à Allain Leprest, j’ai écrit d’autres textes, jusqu’à ce que je me décide à sortir « Drôle de monde » en 2010. D’ailleurs, juste avant le confinement, j’ai terminé un 2ème album quant à la programmation de sortie, surtout en ce moment, c’est une autre aventure !

Le sport occupe une place importante dans votre vie ?

Le foot a toujours été important, je crois que le meilleur de ma vie, je peux le situer au moment où je jouais dans la même équipe que mes deux frères, notre papa sur la touche à nous encourager et notre maman préparant le repas du midi... Oh les beaux jours... Dans ma jeunesse, j’ai pratiqué les arts martiaux, le Karaté et le Taekwondo ; depuis quinze ans, je pratique la boxe Thaï. En cette période de confinement le sport me manque, le corps réclame et la tête lui dit « Attends encore un peu ». Vivement la salle de sport, les terrains de foot et les chemins normands où courir ! Vivement la vie quoi...
 

 

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