L’association Rêve de cinéma : des projections de films pour les enfants hospitalisés

Ajouté le 12 sept. 2019, par Florence Batisse-Pichet
L’association Rêve de cinéma : des projections de films pour les enfants hospitalisés

Lambert Wilson Président de l’association Rêve de cinéma.
Lambert Wilson Président de l’association Rêve de cinéma.
Lambert Wilson Président de l’association Rêve de cinéma. ©Rêve de cinéma

Chaque année, depuis 2007, la Fondation Audiens Générations décerne trois prix destinés à encourager des démarches solidaires du monde culturel. Le 26 juin 2019, c’est à l’association Rêve de cinéma qu’a été décerné « le prix d’excellence », pour pérenniser son action exemplaire : la projection de films dans les hôpitaux et les centres spécialisés auprès d’enfants malades et handicapés.

C’est une belle histoire qui est à l’origine de l’association Rêve de cinéma et plus précisément, celle d’un film, Un indien dans la ville. En 1994, cette comédie populaire bat tous les records avec 7 870 802 d’entrées, sans compter le succès remporté aux États-Unis ! Thierry Lhermitte qui en est l’acteur principal et le co-scénariste, se met en tête que les enfants malades et hospitalisés doivent pouvoir eux aussi voir ce film ! Il met tout en œuvre pour organiser une projection dans un premier hôpital, puis dans un second, etc. Une association était née, alors baptisée Les toiles enchantées, avec Alain Chabat comme Président, jusqu’à ce qu’il passe la main en 2014. Depuis Lambert Wilson lui a succédé, grâce à Isabelle Svanda, l’actuelle vice-présidente de l’association, qui cette année-là avait été recrutée comme chargée des événements spéciaux : « Je l’avais proposé sous réserve qu’Alain Chabat et Gérard Lanvin qui étaient également très impliqués, en soient d’accord. Ce fut le cas. Toute l’équipe donna son feu vert. Profondément touché par la souffrance des enfants, Lambert Wilson remplit sa fonction excessivement bien : il se rend dans les centres, telle que la Maison de Solène ou encore l’Association Notre-Dame à Neuilly, ainsi que dans les hôpitaux. À l’occasion de son film Odyssée, il a fait une grande tournée et même quand il n’a pas de film à l’affiche, il est heureux de venir parler aux enfants durant des heures. Ce n’est pas un président fantôme ! » 

Pour assurer une projection quotidienne partout en France, soit une moyenne de 350 projections par an et 150 établissements auprès 20 000 enfants, Rêve de cinéma fonctionne avec seulement deux salariés et des bénévoles. Depuis quinze ans, au volant de sa camionnette, la même projectionniste sillonne Paris et l’Hexagone. Pour chaque séance, elle transporte une tonne et demi de matériel avec un projecteur numérique et un vrai écran, soit 3h de montage et démontage ! Car c’est une véritable salle de cinéma qui est installée, comme par magie, dans les foyers des hôpitaux. Seuls les fauteuils ne sont pas du décor. En lien avec les distributeurs, les films sont prêtés gracieusement et ce, dans les mêmes conditions que les salles de cinéma, avec une clé magnétique qui permet de diffuser le film, selon les dates et l’horaire fixé. Comme Isabelle Svanda le souligne : « La programmation est faite avec vigilance avec les référents culturels des hôpitaux. Nous apportons une parenthèse de bonheur et les enfants attendent nos séances de cinéma comme le Messie ! Sachant que nous avons trois types de public - les tout petits, les 10-12 ans et les 18 ans -, nous devons respecter des critères dans le choix des films : nous écartons la maladie, la violence ou la mort. En outre, ce sont exclusivement des films français ou doublés en français pour faciliter la compréhension. » Il s’agit aussi de coller à l’actualité car le but de l’association est de créer du lien social entre ces enfants malades et leurs familles. 

Quand il y a un débat avec le réalisateur ou les comédiens, ce n’est pas juste une discussion. Ces moments privilégiés sont en effet propices à de petits miracles. Ainsi comme le raconte avec émotion Isabelle : « Lambert Wilson lors de son passage à la Maison de Solène, a insisté pour faire le débat dans la salle du goûter. Résultat ? Pour la première fois, les enfants ont fini intégralement leur goûter ! » Ou parmi les anecdotes qu’on lui rapporte, elle évoque le cas de ce garçon de douze ans en fauteuil roulant, atteint de la maladie des os de verre. Alors qu’il voulait mettre fin à ses jours, la directrice du centre lui demande d’attendre la séance de Rêve de cinéma. Ce jour-là, une discussion avec Pascal Elbé était prévue. Et là une improbable rencontre s’est nouée entre ce jeune qui a ressenti l’envie d’écrire des scénarios et le comédien qui lui a accepté de le lire et lui a donné son mail. Depuis, ils sont en contact. « Même si ce n’est qu’une goutte d’eau, cela montre que notre association peut apporter cette part de rêve et de joie. », ajoute-t-elle.

Victime de son succès, l’association croule sous les sollicitations des hôpitaux et des centres spécialisés. Fonctionner avec deux équipes, l’une pour Paris et une autre en région, reste un objectif de la vice-présidente qui voit toujours plus loin. Pourtant loin de s’en tenir aux jeunes, l’association amorce une nouvelle étape à partir de la rentrée 2019, en ouvrant ses projections auprès d’adultes malades et de personnes âgées, dans les services de gériatrie des hôpitaux de Paris et région parisienne. Organiser des projections inter-générations est un souhait qui lui tient à cœur ; ce qui correspond d’ailleurs aussi à une demande actuelle de l’univers hospitalier. Premier rendez-vous destiné à un public de seniors, le 17 septembre 2019, à l’hôpital Broca dans XIIIe arrondissement. Après une période test, quatre projections mensuelles devraient être mises en place à partir de janvier 2020.

Optimiste mais réaliste sur la difficulté des financements, Isabelle Svanda de conclure : « J’ai la chance d’être entourée d’une belle équipe avec des bénévoles qui travaillent dans l’ombre et à flux tendu. Parmi eux, il y a beaucoup d’étudiants et des salariés de Natixis qui donnent ici et là une journée de leur temps. Tout se fait toujours dans la joie et la bonne humeur ! J’espère pouvoir réembaucher en 2020. » Si la dotation de la Fondation Audiens Générations est bien largement méritée, elle est un coup de pouce bienvenu. 

 

Si vous souhaitez aider l’association par un don ou du bénévolat : contact@revedecinema.com
www.revedecinema.com


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