Le collectif des festivals : un engagement durable et solidaire

Ajouté le 06 déc. 2019, par Florence Batisse-Pichet
Le collectif des festivals : un engagement durable et solidaire

Le Collectif des Festivals, en Bretagne, premier réseau à se mobiliser dans une démarche durable.
Le Collectif des Festivals, en Bretagne, premier réseau à se mobiliser dans une démarche durable.
Le Collectif des Festivals, en Bretagne, premier réseau à se mobiliser dans une démarche durable. ©Le Collectif des Festivals

Devenir un festival durable ! C’est le pari que font de plus en plus d’organisateurs de festivals un peu partout en France. Mobilisés autour de thématiques aussi diverses que les transports, l’énergie, les déchets, la logistique, les achats, l’accessibilité, l’utilité sociale, la prévention et la réduction des risques, ils s’efforcent de mettre en place des bonnes pratiques. Précurseur dans cette démarche, le Collectif des Festivals, en Bretagne, a été le premier réseau à se mobiliser. Explications avec sa responsable de la communication, Émilie Cherbonnel.

Comment le Collectif des Festivals s’est-il mis en place ?

Tout a commencé en 2005 à l’initiative de six festivals bretons répartis sur 4 départements, soucieux de mutualiser leurs efforts dans une logique solidaire et environnementale. L’impact de la grève des intermittents en 2003 et des annulations de festivals avait souligné la précarité du secteur. Confrontés aux mêmes problématiques de baisse des subventions, de hausse des charges (cachets des artistes, sécurité, accueil des publics…), ils décidèrent de se mobiliser autour des trois piliers du développement durable : économique, social et environnemental. S’inspirant de six textes fondamentaux dont l’Agenda 21 de la région Bretagne, ils rédigèrent « la charte des festivals engagés pour le développement durable et solidaire en Bretagne » exposant leurs valeurs, les enjeux et les actions à mettre en place : ce document fondateur fut signé en 2007 par les six festivals, en présence de la région Bretagne et avec le soutien l’ADEME. Depuis, chaque adhérent au Collectif est signataire de cette charte.

Quelle est votre mission en résumé ?

Nous accompagnons les festivals dans leur démarche de développement durable à travers la mise en œuvre de la Charte. Nous distinguons deux publics : les festivals adhérents et les non-adhérents. Les premiers bénéficient d’un accompagnement tout au long de l’année, moyennant une cotisation (150 euros + 0,05 % de leur budget) et une grande exigence de participation à divers chantiers (les ressources humaines et les droits culturels, l’évaluation d’utilité sociale…), des temps associatifs (une AG en mars et une réunion de rentrée en septembre). Il y a également des visites « regards partagés ». Ainsi tous les trois ans, un festival est visité par ses pairs comme un temps de partage et d’évaluation. 

Les non-adhérents peuvent-ils bénéficier de vos services ?

Nous proposons un service gratuit de diagnostic développement durable : c’est un véritable audit avec un état des lieux, suivi de préconisations selon les thématiques à améliorer pour aider un festival à aller plus loin dans sa démarche. Ce peut être une première étape avant qu’il décide de nous rejoindre : cela permet de mieux se connaître. Sachant que la Bretagne est une région dynamique avec un tissu associatif très fort, on s’adresse potentiellement à 450/500 festivals. Depuis 2016, outre l’accès aux ressources documentaires de notre site, nous proposons un programme de rencontres et de formations, soit une vingtaine d’ateliers (l’accessibilité aux personnes en situation de handicap, le bénévolat…), des temps d’échanges, des visites (centres de tri, etc.). Tout est gratuit sur inscription pour les organisateurs de festivals de Bretagne. Ainsi sur l’année 2018, plus de 100 festivals ont bénéficié de nos services. 

Quels types de formations proposez-vous ?

Nous avons à cœur d’innover et de nous mettre aussi à la portée des bénévoles. En 2018, nous avons lancé avec succès un premier Mooc sur « la prévention des risques et réduction des risques en milieu festif » conçu à partir d’une formation en présentiel d’une durée de 4 à 5 jours. À ce jour, il y a eu 589 inscrits et 140 personnes l’ont terminé. Une seconde sera bientôt en ligne pour 3 ans sur le thème « Festivals en transition » autour de l’apprentissage d’une méthodologie pour organiser un festival éco responsable. Nous avons travaillé avec l’appui de plusieurs experts.

Vous considérez-vous comme précurseur en France ?

Si le Collectif des Festivals est précurseur dans la démarche, huit autres structures régionales se sont mises en place depuis ; ensemble, nous avons créé un réseau informel qui couvre presque tout le territoire. L’une de nos missions est de contribuer à l’émergence d’autres initiatives. On se réunit deux fois par an afin d’échanger nos outils d’accompagnement, nos ressources… 

Y-a-t-il des initiatives étrangères inspirantes ?

L’Angleterre et les pays d’Europe du Nord sont à la pointe. Actuellement, nous déclinons le concept anglais « Drastic on Plastic » dont le but est de supprimer le plastique sur les festivals. 

Quelles sont les demandes les plus fréquentes qui vous sont posées ?

Ce sont celles portant sur la gestion des déchets, ce qui touche à la prévention (éthylotests, protections auditives, préservatifs…) ainsi que tout ce qui concerne l’accessibilité pour les personnes en situation de handicap. Nous avons d’ailleurs décidé d’investir pour mutualiser certaines dépenses d’équipements de nos adhérents. 

Préconisez-vous des prestataires ?

Même si nous restons attentifs à l’innovation et en veille, il est délicat d’en recommander. Nous avons fait le choix de ne pas faire d’annuaire car nous sommes davantage dans une démarche de sensibilisation. Nous mettons en ligne des DIY (Do it yourself) comme par exemple la colle à la farine. 

Quelle est la principale difficulté pour devenir un festival éco-responsable ?

Parvenir à impliquer, au sein d’une équipe, à la fois les salariés, les bénévoles et les intermittents reste une gageure. Or tous sont partie prenante. La question de la formation, notamment auprès des directeurs techniques et régisseurs est essentielle. À cet effet, nous prévoyons une formation spécifique en mars 2020 sur l’approche éco-responsable de la direction technique.

Vos services sont quasiment gratuits : comment le Collectif se finance-t-il ?

Les cotisations représentent seulement 10 % de notre budget. Nous sommes soutenus par les collectivités locales : la région, l’ADEME Bretagne ; les quatre départements bretons et des aides par projet (DRAC, DREAL, ADIRECT…). Pour assurer notre pérennité, nous devons penser à notre modèle économique. Nous sommes sur le point de devenir organisme de formation : dès lors, il y aura une participation pour les structures ayant des salariés. Pour les bénévoles, cela restera gratuit. 


Le Collectif en dates et quelques chiffres clés :

collectif-festival-jpg.jpg

2005 : naissance du Collectif :
2007 : signature de la Charte :
2008 : une première salariée prend la coordination du réseau ; 
2009 : le Collectif se structure en association ;
2019 : quatre salariés et 31 festivals adhérents.

 

Pour en savoir plus : www.lecollectifdesfestivals.org
Si vous souhaitez suivre le mooc sur la prévention des risques et réduction des risques en milieu festif, inscrivez-vous gratuitement ici.
Pour connaître les noms des autres structures régionales : amis

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