Des robots pour aider les seniors

Ajouté le 13 mai 2019, par Alexandre Faure
Des robots pour aider les seniors

Robotique et personnes âgées : les robots peuvent être utilisés pour stimuler la mémoire à travers des jeux interactifs ou des chansons, pour animer un cours de gymnastique ou encore pour contribuer au bien-être des seniors.
Robotique et personnes âgées
Robotique et personnes âgées : les robots peuvent être utilisés pour stimuler la mémoire à travers des jeux interactifs ou des chansons, pour animer un cours de gymnastique ou encore pour contribuer au bien-être des seniors. ©Tatiana Stulbo

Les robots sont déjà très présents dans nos vies quotidiennes et dans l’industrie. Une tendance qui s’accentue avec le développement de l’intelligence artificielle. Il existe des robots pour tout. Certains sont conçus pour accompagner les personnes âgées.

Le robot, c’est un terme générique, passé dans le langage courant pour désigner une structure mécanique articulée disposant d’un degré d’adaptabilité et d’autonomie variables lui permettant de réaliser différents mouvements et tâches de manière automatique ou sous contrôle manuel.

Il y a des robots pour tout :

  • Des robots ménagers.
  • Des bras robotisés qui fabriquent des voitures.
  • Des robots Google qui analysent le web.
  • Des robots téléguidés qui désamorcent les bombes.
  • Des robots sociaux qui amusent les personnes âgées en maison de retraite.

Les applications sont nombreuses mais puisque nous sommes dans la rubrique seniors, je vais vous parler des robots qui peuvent apporter un soutien direct aux personne âgées et plus particulièrement à ceux qui sont en maisons de retraite.

J’aurais bien sûr pu vous parler des robots domestiques mais ceux-ci sont encore à un stade très expérimental de développement et ressemblent bien souvent à des smartphones à roulettes. En revanche, les modèles déployés dans les établissements de santé et les maisons de retraite sont plus aboutis et répondent à de vrais besoins de terrain, comme vous allez bientôt vous en rendre compte.

Mais avant de vous présenter Nao, Pepper, MediPep et Paro, permettez-moi de vous expliquer ce qu’est un robot.

Qu’est-ce qu’un robot ? Des origines littéraires

Le mot robot a été inventé dans la pièce de théâtre RUR (Rossum’s Universal Robot) par l’écrivain tchèque Karel Capek (1893 - 1938) en 1920. Le terme robot vient du mot tchèque robota qui signifie corvée ou travail forcé.

Dans la pièce, Rossum est un inventeur de génie qui met au point des robots humanoïdes. Ces robots finissent par être produits en masse afin de devenir une force de travail intelligente. Ils sont cependant dépourvus de sentiments et de vie intérieure. Devenue paresseuse, la société humaine tombe en décadence et les robots intelligents qui se considèrent plus parfaits que l’homme entrent en guerre contre lui.

On constate ainsi que pour sa première apparition dans les concepts, le robot a été d’emblée pensé comme un nouvel esclave mécanique, substituant efficacement l’homme au travail.

Le robot : fantasme et réalité

Depuis son invention, le terme robot a ensuite été généralisé dans la littérature et le cinéma.

Dès lors, s’il n’existait pas encore « en fer et en boulons », l’existence du robot, bien ancrée dans l’imaginaire, était devenue concevable par l’homme.

Toutefois, si vous interrogez les passants dans la rue, ils vous donneront rarement une définition claire et cohérente de ce qu’est un robot. Cette confusion est liée à la différence significative qui peut exister entre le concept de robot et les robots existants aujourd’hui, c’est à dire des objets qui puissent être vus et touchés.

D’un côté, le robot idéalisé, de l’autre l’un des nombreux spécimens dans lequel les propriétés spectaculaires des robots de science-fiction ne peuvent pas être implémentées, pour des raisons scientifiques et technologiques, ou des raisons de coût, ou parfois simplement parce que leurs caractéristiques ne serviraient à rien.

Une illustration de l’état de l’art dans le monde des seniors est particulièrement pertinente.

En effet, si la robotique de production existe dans l’industrie depuis de nombreuses années, les robots sociaux qui tiennent compagnie aux seniors en maison de retraite et ceux qui assistent les soignants sont plus proches du type de robots que nous pourrions bientôt voir fleurir dans nos maisons, à côté de l’enceinte connectée et de la télévision 3D.

Dans certains établissements pour personnes âgées, vous pouvez aujourd’hui croiser trois robots : deux humanoïdes et un bébé phoque.

Nao, Pepper et Paro, des robots à l’Ehpad

Nao et Pepper sont des robots humanoïdes. Développés par la firme française Aldebaran Robotics, rachetée en 2015 par le Japonais Softbank Robotics, Nao et Pepper sont les stars de la plupart des salons high tech où ils sont systématiquement mis en vedette, tels des majorettes « en fer et en boulons ».

Paro dispose également d’un capital sympathie très élevé puisque ce petit robot social se présente sous la forme d’un bébé phoque tout en fourrure et en grands yeux noirs.

Leur apparence sympathique et tellement vivante ne doit pas faire oublier que ces robots fonctionnent, comme votre smartphone, à partir de programmes informatiques. Il est indispensable que le programme soit pensé pour répondre aux besoins précis des publics auxquels le robot sera confronté.

Pepper, le plus connu des robots sociaux

Le robot Pepper fabriqué par la firme Japonaise Softbank Robotics est utilisé comme agent d’accueil dans les points de vente. Mais Pepper peut faire beaucoup plus que cela à condition d’être correctement programmé.

Pepper est un robot émotionnel. Il est capable d’adapter ses réactions à son environnement.

Le robot possède ainsi une variété de tons et de registres de langue qu’il va sélectionner en fonction de l’analyse du contexte et de son interlocuteur. La reconnaissance des émotions est basée sur la détection des expressions faciales, du ton et du champ lexical employé.

Outre l’interaction verbale, le robot va adapter sa position et respecter une certaine distance avec la personne, afin qu’elle ne soit pas mal à l’aise, mais que la relation puisse tout de même se construire. De la même façon, Pepper va adopter un langage corporel particulier. Tout cela dans le but que sa réaction soit la plus pertinente et la plus appréciée par l’interlocuteur.

MediPep, un robot Pepper à l’Ehpad

Spin’R est une firme française qui cherche à apporter des réponses technologiques aux problématiques du monde médico-social.

Son premier produit, MédiPep est un robot Pepper spécialisé pour assister le personnel en établissements pour personnes âgées. Le programme de MediPep a été développé avec des professionnels de la gérontologie, sous le contrôle étroit de Softbank Robotics. Selon le fabricant, MediPep est le projet Pepper qui va le plus loin actuellement.

La firme Japonaise suit MediPep d’autant plus près que le Japon a depuis longtemps décidé de privilégier la robotique à l’humain pour la prise en charge des personnes âgées dépendantes.

Outre sa programmation spécifique, MédiPep a bénéficié d’adaptations « physiques » pour son usage en établissement médico-social. Le robot doit être autonome, se recharger tout seul, il ne doit pas avoir d’interrupteur puisqu’on attend de lui une disponibilité permanente. Selon son concepteur, Silvère Jauny, « Medipep permet de réhumaniser le travail du personnel de l’EHPAD en prenant en charge les activités mécaniques et sans valeur ajoutée. ».

Voici quelques exemples de situations dans lesquelles MediPep remplace avantageusement un intervenant humain :

La surveillance de l’activité d’une personne âgée dépendante peut vite devenir complexe, quand il s’agit de lui demander plusieurs fois par jour si elle s’est correctement hydratée, si elle est allée aux toilettes, si elle a mal quelque part, etc. Un robot ne se lasse pas, il peut poser la même question des dizaines de fois en conservant un ton uniforme et une voix enjouée.

MediPep est capable d’identifier individuellement chaque résident et de stocker les observations plus efficacement qu’un humain. Les informations sont traçables, historisées, classées chronologiquement. Elles peuvent être transmises aux professionnels de santé. Le robot est disponible quand les personnes âgées expriment un besoin ou un problème de santé, par exemple un mal de dents.

Pour les résidents les moins dépendants, le robot est une présence active qui peut répondre à chaque sollicitation et permet d’inverser le processus relationnel de l’EHPAD où les résidents passifs attendent la visite du personnel pour exprimer leurs besoins.

Pour ce qui est des interactions sociales avec les humains, je vous recommande Nao, le frère aîné de Pepper.

Nao, l’animateur

Nao est un petit robot humanoïde de 58 cm de hauteur. Nao sait marcher, reconnaître les personnes qui l’entourent et mémoriser leur prénom. Il est même doté de capteurs pour détecter les caresses. Mais pour être capable d’accompagner les personnes âgées, il a fallu le programmer. En effet, un robot sans programmation est une coquille vide.

Depuis sa mise sur le marché en 2007, Nao est déjà présent dans une centaine de maisons de retraite en Europe, où il joue le rôle de médiateur, d’animateur de séances de gymnastique ou de de compagnons pour seniors esseulés.

Deux ans avant Nao, c’est un autre robot qui a fait son apparition en maisons de retraite, un mignon bébé phoque appelé Paro.

Paro, le bébé phoque qui soulage les malades d’Alzheimer

Les bienfaits de la présence animale auprès de publics stressés ou atteints de troubles cognitifs ont été identifiés depuis des années. Hélas, il n’est pas toujours facile d’introduire un animal auprès de ce type de publics.

Paro est un bébé phoque en peluche qui offre les bienfaits thérapeutiques d’un contact avec des animaux dans les lieux où leur présence n’est pas possible. Recouvert d’une fourrure bactéricide, ce robot-phoque de 2,5 kg pour 57 cm est équipé de 7 moteurs pour bouger la tête dans quatre directions, remuer la queue, bouger ses nageoires ou cligner des yeux.

Il possède également une douzaine de capteurs : tactile, lumière, son, température, positionnement. Les informations qu’il enregistre sont traitées par un logiciel lui permettant de percevoir les personnes qui l’entourent et son environnement puis d’adapter en conséquence ses mouvements et son intonation.

L’objectif ? Fournir à chaque malade la meilleure stimulation cognitive possible.

Avec le capteur de lumière, Paro peut distinguer jour et nuit. Il peut se sentir caressé grâce au capteur tactile ou retenu dans les bras par son capteur de posture. Il peut aussi reconnaître la direction de la voix et des mots tels que son nom, des mots de salutation et d’éloge grâce à son capteur audio.

Paro apprend à se comporter de la manière souhaitée par son « maître ». Si vous le caressez, il va essayer de reproduire l’action qui a provoqué cette caresse pour être davantage caressé à l’avenir. A l’inverse, si vous lui donnez une petite tape de désapprobation, il va essayer de ne plus reproduire l’action qui a occasionné cette tape. Pour couronner le tout, ses concepteurs l’ont doté d’une vraie voix de bébé phoque et de mouvements de tête et de membres caractéristiques. Le petit phoque a déjà séduit une trentaine d’Ehpad en France.

Conclusion

La présence de robots en Ehpad ne fait pas l’unanimité, notamment dans le contexte actuel où l’emploi dans le médico-social est fortement fragilisé et les salaires en berne. Difficile de justifier l’achat d’un robot à plus de 5 000 € pièce, lorsqu’on a du mal à recruter une nouvelle aide-soignante.

Le sujet n’en est qu’à ses débuts et l’organisation des interactions homme - machine va très certainement faire couler encore beaucoup d’encre dans les années à venir, en Ehpad comme ailleurs.


picto boussoleLa chronique de...
Psychologue clinicienne, conférencière et écrivaine spécialiste du bien vieillir...


webconferences audiens protection sociale entreprises et particuliers
picto microWebconférences
webconferences audiens protection sociale entreprises et particuliers
26 nov.
ACTUALITÉ DE LA PROTECTION SOCIALE
Tout savoir sur le 100% Santé
26 novembre - Inscrivez-vous
Découvrir les autres webconférences

Les aventures de deux intermittents du spectacle, Fred et Bouly
picto boussoleLes aventures de Fred et Bouly
Les aventures de deux intermittents du spectacle, Fred et Bouly
La protection sociale abordée avec humour : c'est possible !
Le Contrepoids, l'aide aux aidants
Voir l'épisode #07


picto choix sondageSondage
100% santé : êtes-vous suffisamment informé ?


picto choix sondageSondage
100% santé : êtes-vous suffisamment informé ?