Bien vieillir au Japon

Ajouté le 09 juil. 2020, par Marie de Hennezel
Bien vieillir au Japon

L’île d’Okinawa est l’une des cinq zones bleues dans le monde, où la proportion de centenaires en bonne forme est la plus élevée.
L’île d’Okinawa est l’une des cinq zones bleues dans le monde, où la proportion de centenaires en bonne forme est la plus élevée.
L’île d’Okinawa est l’une des cinq zones bleues dans le monde, où la proportion de centenaires en bonne forme est la plus élevée. ©Satoshi-K

Revenue d'un voyage de deux semaines au Japon, Marie de Hennezel s'est intéressée à cette longévité heureuse et en a rapporté quelques concepts qui peuvent nous inspirer.

D’abord quelques chiffres : il y a 65 000 centenaires et le Japon détient le record mondial de longévité pour les femmes.
Parmi les raisons de cette longévité exceptionnelle, on retrouve les clés universelles du bien vieillir : bien s’alimenter, bouger, rester en lien. Mais les personnes âgées au Japon bénéficient d’une image positive, ce qui n’est pas le cas dans nos pays occidentaux. À Okinawa, on considère les centenaires comme des "trésors et des porte-bonheurs". Je pense que cette image positive compte pour beaucoup dans cette longévité heureuse.
Partout, dans la rue, dans les villages, dans les temples, on note la déférence des jeunes à l’égard de leurs vieux. La personne âgée est respectée, honorée.

J’aimerais revenir sur certains des concepts japonais qui rejoignent les préconisations de nos médecins, notamment celles du fameux docteur Saldman, directeur médical du Pôle Santé Bergère.

  1. Bien s’alimenter. Le Hara Hachi Bu, préconise la frugalité. Il s’agit de ne pas manger au-delà de 80 % de sa faim. Savoir s’arrêter en gardant une petite faim. Les aliments doivent être peu caloriques, privilégiant les algues, le soja, le poisson, et bannissant l’alcool, le sucre et le gras.
     
  2. Bouger. L’activité physique est essentielle. Mais elle est centrée sur la gymnastique lente et les étirements, comme dans le Tai Chi. Les Japonais aiment le contact avec l’eau, et l’habitude des bains collectifs, où ils passent un long temps allongés dans l’eau chaude, participent de ce moment de détente. 
    Les Japonais pratiquent la marche en forêt, le Shinkin Yuku, sorte de sylvothérapie à la japonaise. Ils respirent l’air des forêts, touchent les arbres, les enlacent, leur parlent. 
     
  3. Rester en lien. Les Japonais savent que le pire ennemi du bien vieillir est l’isolement. C’est pourquoi ils créent des réseaux de solidarité, baptisés Moaï. Il s’agit de petites communautés d’amis qui s’engagent à se soutenir psychologiquement, spirituellement et financièrement. Cette forme de solidarité est très répandue dans la population âgée. On n’abandonne pas un voisin, une voisine, âgé, malade, vulnérable, ou pauvre. Dans certains Moaï, on va jusqu’à mutualiser les moyens financiers.
     
  4. S’alléger. Sur le plan psychologique, nous savons comme il est important de s’alléger en vieillissant. Matériellement et mentalement. Les Japonais pratiquent l’allègement. Ils vivent dans des espaces peu encombrés d’objets, avec un minimum de meubles. Ils savent faire le vide, trier, mettre de l’ordre dans leurs affaires. Nous connaissons le succès du livre de cette japonaise, Marie Kondo : la magie du rangement
     
  5. Trouver sa sécurité de base. Le bouddhisme Zen a introduit un concept très important au Japon : celui du Hara, c’est à dire le centre vital de l’être humain, situé juste en dessous du nombril. Tous les arts martiaux japonais préconisent de se situer dans son Hara, pour y puiser son énergie vitale. Cet enracinement, exercé à chaque moment, fait du quotidien un exercice pour trouver sa « sécurité de base ». On devine combien ce concept peut nous inspirer dans les moments où l’on se sent vulnérables. La pratique de la méditation de la pleine présence, Mindfulness, où l’on est attentif à son souffle, et qui contribue au bien vieillir, est d’ailleurs une pratique dérivée de la méditation Zen.
     
  6. Voyager vers son intériorité. Le Japon est un pays de contrastes. Et si la réussite matérielle est importante pour le Japonais, qui peut consacrer toute son énergie à cet objectif, la spiritualité est néanmoins très présente, à travers les rites religieux, bouddhistes ou shintoistes, la relation aux esprits (les Kamis), la relation avec les ancêtres que l’on retrouvera dans l’au-delà.


J’ai découvert au Japon le secret des centenaires heureux. Ils pratiquent la philosophie de l’Ikigaï
Cette philosophie, qui date du 14° siècle, consiste à identifier sa raison de vivre. « Qu’est ce qui fait que je me lève le matin avec enthousiasme ? » « Qu’est ce qui me procure la joie de vivre ? » « Quelle est ma raison d’être ? » Ainsi le Japonais âgé et heureux est celui qui sait pourquoi il est sur terre, ce pour quoi il est doué, ce qu’il a encore à accomplir, avant de mourir. Il connaît son « mandat céleste ».
La pratique de l’Ikigaï est incontestablement un facteur de longévité heureuse.

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