L’éco-tournage : chemin d’avenir pour le secteur audiovisuel

Ajouté le 06 oct. 2021, par Florence Batisse-Pichet
L’éco-tournage : chemin d’avenir pour le secteur audiovisuel

Marina Ezdiari, responsable RSE chez Audiens.
Marina Ezdiari, responsable RSE chez Audiens.
Marina Ezdiari, responsable RSE chez Audiens. ©Marina Ezdiari

Face aux enjeux environnementaux (respect des accords de Paris visant à maîtriser les émissions des gaz à effet de serre (GES), Pacte Vert européen (Green Deal), etc.), chaque filière se mobilise. Depuis 2009, à l’initiative du collectif Ecoprod, les professionnels du cinéma et de l’audiovisuel sont sensibilisés aux enjeux climatiques. L’implication d’Audiens à travers le Parcours d’Eco-tournage en est un bel exemple. Explications avec Marina Ezdiari, responsable RSE chez Audiens.

L ’audiovisuel est-il un secteur en retard en matière d’écologie ?

Chaque secteur, en fonction de pressions et de la réglementation, évolue plus ou moins vite dans ce domaine. De façon volontaire, le secteur de l’audiovisuel et du cinéma s’est engagé pour anticiper les évolutions futures, à la fois au niveau de la réglementation et par rapport à la compétitivité face aux acteurs internationaux. 

Quels sont les outils proposés par Ecoprod ? 

Après avoir établi un inventaire des bonnes pratiques existantes, on a conçu plusieurs outils parmi lesquels le calculateur de CO2 - Carbone Clap -, des fiches exhaustives par métier (maquilleurs, coiffeurs, éclairagistes, producteurs, producteurs exécutifs, régisseurs, etc.), des kits d’information, un recueil de témoignages… Ces outils constituent notre centre de ressources permettant de sensibiliser et accompagner les professionnels dans la mise en œuvre d’une démarche d’écoresponsabilité.

Qui fait quoi au sein d’Ecoprod ?

Selon ses possibilités et les besoins, chaque membre fondateur a un rôle à jouer dans l’effort collectif et peut lancer des chantiers. Ainsi, Film Paris Region se concentre sur l’économie circulaire et l’écoconception des décors. Autre exemple, le CNC et la CST étudient la pertinence d’un poste d’éco-manager. Parmi les actions portées par Audiens dans le cadre d’Ecoprod, j’organise depuis 2018 le Parcours d’Eco-production avec le concours de Laurence Lafiteau (directrice de production), très engagée sur ces problématiques. Ce Parcours vise à les sensibiliser aux principaux impacts d’un tournage et les aider à mettre en place des actions qui réduiraient ces impacts.

En quoi consiste le Parcours d’Eco-tournage ?

Il s’adresse en priorité aux directeurs de production, producteurs exécutifs et aux régisseurs, mais reste ouvert aux professionnels issus d’autres métiers. Ce sont généralement des jeunes professionnels et ceux dans la tranche d’âge de 40-55 ans. Gratuite, cette formation est articulée sur une vue d’ensemble du tournage. Elle se décompose en deux modules de 3h30 chacun. Je les co-anime avec Laurence Lafiteau. Quand on présente l’intégralité de la démarche à déployer, on insiste sur le fait d’y aller progressivement en commençant par les actions les plus faisables immédiatement. Sans jamais renoncer.  

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Des exemples ?

Oui, il y en a beaucoup ! Par exemple, un tournage à La Rochelle, qui au lieu de faire voyager des équipes franciliennes, a recruté des opérationnels sur place. L’écoresponsabilité incite à réfléchir aux modes de transport et à choisir le moins impactant quand cela est possible (maîtriser le nombre de déplacements, éviter l’avion, privilégier le co-voiturage ou le train). Autre exemple sur l’alimentation. Lors d’un tournage de 7 jours, plusieurs repas sont viande ont été servis sans que cela ne pose de problème. En plus, toute l’alimentation a été fournie via les circuits courts locaux. La bonne gestion des déchets préoccupe aussi les professionnels. Il s’agit de tri, de la collecte notamment de certains déchets très toxiques tels que les piles ou mégots jetés par terre, la suppression d’items à jetables (ex : utilisation de gourdes au lieu de gobelets à usage unique).

Comment a-t-on accès à ces formations ?

L’existence du Parcours est désormais connue par les entreprises, agences, associations, fédérations et festivals. ; il suffit aux personnes motivées de s’inscrire. En septembre dernier, Audiens a formé un onzième groupe (en moyenne de 15-20 personnes), soit au total depuis le début, près de 200 personnes. 

Les écoles des métiers de l’audiovisuel sont-elles sensibilisées ?

Certaines écoles sollicitent déjà Ecoprod pour des interventions. Dans la mesure où l’État a pris des engagements en faveur de la transition écologique, cela crée un mouvement de fond. L’AFDAS a publié un catalogue de formation continue sur l’écoresponsabilité à la rentrée 2021, incluant parmi ses thématiques : l’éco-tournage, la RSE, le bilan carbone… Par ailleurs, en formation initiale, Audiens est partenaire du CNC dans la démarche de sensibilisation des étudiants qui devrait démarrer en 2022.

Les prochains défis ?

C’est construire l’Association ! L’enjeu est de fédérer les acteurs de la filière afin de mieux partager les expériences et connaissances, mais également travailler ensemble dans le cadre de collèges thématiques pour faire avancer les sujets. 

Avez-vous l’appui de personnalités ambassadrices ?

Pour porter la bonne parole, nous avons le soutien de la comédienne Audrey Dana. Notre action portant sur la dimension opérationnelle, ce n’est pas simple. De fait, c’est toute la communauté qui contribue au rayonnement de notre action : ce sont des invisibles qu’on ne voit pas sur les écrans.  

 

Ecoprod en résumé

  • Date de création : 2009.
  • Sa mission : accompagner les professionnels de l’audiovisuel et du tournage de films dans la maîtrise de leurs impacts écologiques.
  • Membres fondateurs : Audiens, Film Paris Region, Canal +, la CST, le CNC, Film France, France Télévisions, TF1. 
  • Depuis septembre 2021, le collectif s’est transformé en Association Ecoprod, ouverte aux entreprises, associations, institutions ou établissements liés à la production audiovisuelle.

Pour en savoir plus : www.ecoprod.com

Le saviez-vous* ?

  1. 1,7 millions de tonnes de CO2 sont rejetées dans l’atmosphère chaque année par le secteur de l’audiovisuel et du cinéma en France.
  2. La diffusion en 8K exige 32 fois plus de données à traiter que la Haute Définition et risquent d’alourdir l’empreinte écologique du secteur.


*Sources : étude « Environnement et climat, de nouveaux enjeux pour les acteurs de l’audiovisuel » en collaboration avec Workflowers, novembre 2020.
 

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